Série photographique
Animal
La fin du jour, l’intitulé de l’une de ces images pourrait servir de titre à l’ensemble de la série. On y voit une chauve-souris géante, menaçante par sa taille, survolant les eaux calmes du bassin de la Vilette à Paris. Les fenêtres éclairées alentours se détachent au crépuscule naissant, les reflets cadencés des réverbères se diluent à la surface de l’eau ; ils confient à la scène une atmosphère d’étrangeté pourtant familière. Il en va de même pour toutes les autres ambiances urbaines des images de Gilles Desrozier, où la lumière comme les décors jouent un rôle essentiel. Immenses verrières, entrepôts désaffectés, édifices religieux ou musées servent d’écrin à ses constructions mentales. La présence humaine que l’on devine en sourdine, est cependant remplacée par celle des animaux, exotiques ou non. Ceux-ci semblent avoir pris possession de ces endroits avec détachement mais de façon inéluctable, comme s’il y avait eu passage de témoin entre les deux espèces. L’univers de Gilles Desrozier semble être celui de la fin d’une civilisation, les titres de ses images sont éloquents à cet égard. S’il ne suffit pas de maitriser la technique pour créer un véritable univers photographique, ce n’est pas le cas ici et le photographe réussit à nous entrainer dans un monde à la frontière du réel et du virtuel.
Bernard Marcelis, pour la nomination au prix HSBC 2010.
Bernard Marcelis, pour la nomination au prix HSBC 2010.





