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Série photographique

Jardin des Délices

Période de création : 2016 - 2020Œuvres dans la série : 57
Le jardin des délices, trois poèmes de Gilles Desrozier

Comme une épopée
Toucher le berceau de l’humanité
Où coule la source
Retrouver le ventre de sa mère
Voir à travers la peau de l’origine du monde
Mêler le végétal au minéral
Revenir ventre à terre
Se retourner avant la tombe
Lancer la pierre à feu
Revoir avec les mains ce cheval qui danse
Toucher des yeux son image dans la caverne
Oublier l’emblème de l’homme moderne
L’achever dans la rigueur du bâton

*****
Le pellican dans le Blue Monday. Pour Caspar David Friedrich et New Order.

Entre le rêve et la réalité avec ton ombre, toujours plus grande que toi.
Entre l’ombre et la lumière, bien plus morose que ta brume.
Entre le modèle et son reflet, l’écho des valses rouges.
Entre la terre et le ciel, l’amer décor chavire.
Entre cour et jardin, la société du spectacle.
Entre le vertige et la mesure, le précipice du vide.
Entre l’arbre et les trompes de Fallope, l’enfant des feuilles fanées
Entre le tango et la peau, c’est chaud.
Entre le chaud et le froid, le blanc flétri des infortunes.
Entre l’œuf et l’agonie, la fourberie du grand jeu.
Entre le nombril et l’œil, le miroir aux alouettes.
Entre la scène et le paysage, la fiction des images.
Entre le roi et l’oiseau, le bruit du vent des mots.
Entre la reine et l’éléphant, l’invisible porcelaine du magasin.


Tout s’engage dans le désir et l’illusion pour s’achever
dans le fracas des horizons du regard en fuite.

*****

Je suis mort ici
dans l’éclair d’eau
poussé par le vent
âme grise et matin blanc
mes os frottent l’air d’un rien
et passent l’eau salée du ciel
l’orgueil de mes yeux coule en brume
et sa vapeur ne trouble aucun carreau
mon cœur n’a plus de con à blottir contre lui
et sa mesure ne fait danser personne
certains meurent d’ennui et regardent leurs pieds
je suis mort d’aimer en regardant les étoiles

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